Question d’autonomie (« Petit » billet d’humeur …)

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Question d’autonomie (« Petit » billet d’humeur …)

Les chiffres globaux de ventes des véhicules repartent à la hausse en France, une hausse de 3 %. Quand on regarde les chiffres de plus près, les ventes de VP diesels accusent une baisse de 9,3 %. Cette baisse est compensée par une augmentation assez formidable de 12,5 % de la vente de véhicules essences. La progression des Véhicules électriques est moins spectaculaires, seulement 9,8 %. 3 fois plus que la hausse du parc, mais moins que celle des ventes de véhicules essence, du coup certains observateurs pointent cela comme étant un signe que le VE est en train de perdre une bataille…

Les causes annoncées sont nombreuses : pas assez d’autonomie, pas assez de bornes, pas assez puissantes, pas assez …. Et si le problème était simplement que les journalistes de la presse automobile ne font pas assez leur travail d’information et qu’ils se sont laissés éblouir par les mirobolantes publicités dont nous abreuvent à longueur de spots les responsables marketing ?

Quelques chiffres pour bien comprendre les enjeux. Le kilométrage annuel moyen des français est d’environ 13 000 km. Il est relativement stable depuis des années avec une légère tendance à la baisse. Le trajet moyen des français tourne aux environs de 9 kilomètres par déplacement, à raison de 3 déplacements moyens par jours. Ces chiffres proviennent de diverses études du ministère de l’Écologie et du Développement durable.

On voit bien pourquoi de nombreux organismes qui ont installé des bornes de recharge se plaignent que leurs bornes sont peu utilisées (et donc que la rentabilité sera à très long terme). En fait, les utilisateurs de VE se chargent la plupart du temps chez eux, tranquillement pendant qu’ils dorment. Sauf pour des déplacement « exceptionnels », la plupart d’entre eux n’ont pas besoin de recharger leurs véhicules durant la journée.

Avec les autonomies actuelles, la plupart des « rurbains » (les gens qui habitent dans les cités des villages de la périphérie des grandes villes, mais qui travaillent en ville) n’ont pas besoins de bornes de recharge s’ils ont accès à un point de charge à leur domicile. En fait, la plupart des acheteurs de petits véhicules thermiques (essence ou diesel) pourraient passer au VE sans problème. Mais voilà, de nombreux journalistes leur racontent qu’ils vont passer de galère en galère. En fait, la galère que je vis depuis que je suis passé au VE, c’est que je n’ai plus le plaisir de me parfumer aux émanations d’essence ou de gasoil en allant faire mon plein une fois par semaine… Je parie en plus que, comme chaque été, on aura la joie du ou de la journaliste qui prend un VE pour « partir à l’aventure » et qui tombe en rade sur l’autoroute au milieu de nulle part. Mais, si je m’amuse à ne pas remplir le réservoir de mon VT, j’aurai le droit à la même mésaventure, sauf que là, tout le monde saura à quoi s’en tenir …

Coté autonomie… C’est vrai le possesseur d’une petite thermique peut effectivement décider d’aller passer son prochain week-end à Moscou. Le voyage ne sera pas une partie de plaisir, mais, il peut rapidement faire des pleins sans se poser de question (en fait, tant qu’il aura de l’argent sur son compte où qu’il ne dépassera pas son autorisation de découvert).

En VE, c’est réalisable, mais c’est plus contraignant. Il faut préparer un minimum son trajet, mais un raid de 1 500 km est à la portée de n’importe qui. Il suffit de regarder les comptes-rendus de ceux qui rapportent leur expérience sur ce blog.

Bien sûr, la multiplication des bornes est un plus. Surtout pour les citadins, d’ailleurs. J’ai vu que le Décathlon de ma ville s’est équipé de bornes. Vous savez-quoi ? J’irai peut-être brancher un jour ma Zoé là-bas, par curiosité mais, en fait, je n’en ai aucun usage. J’aurais plus usage de bornes de 22 ou 43 kW situées à 80-150 km de chez moi. Cela, la plupart des journalistes ne l’ont pas encore compris. Il y a un besoin d’information, voire même de formation. Il faut changer de paradigme. Mais soyons honnêtes. Il y a 4 ans un tas de gens nous expliquaient que moins de 300 km d’autonomie, ce n’était pas viable. Puis, on nous a dit 400, maintenant, on nous dit 500, voire 800 ou 1000 km. Pourtant, il n’y a qu’un très faible pourcentage d’automobilistes qui font régulièrement de tels trajets. Mais, comme « on » nous vend cette liberté à longueur de spots télévisés …

Effectivement, il y a environ 70 % des français qui 2 fois par an font un trajet de plusieurs centaines de kilomètres. Une fois pour aller sur leur lieu de résidence d’été et une fois pour en revenir. Une certaine partie d’entre eux, fait 4 trajets (hé oui, les vacances d’hiver, à la neige). Plus éventuellement quelques grands week-ends dans l’année, mais là, on est plus proche des 400 km que des 1 000.

Au quotidien, les gens ont besoin, soit de bornes sur leur lieu de travail (et il n’y a pas besoin de bornes rapides), soit de bornes là où ils dorment. Dans les conditions actuelles, l’offre correspond déjà à la demande … mais les futurs acheteurs ne le savent pas et de très nombreux journalistes travaillent à les désinformer.

Bref, l’autonomie est suffisante pour la plupart des déplacements et, dans tous les cas, pour ce qu’on nomme « la seconde voiture », même si c’est elle qui fait le plus grand nombre de kilomètres dans l’année. L’offre des bornes est suffisante, vu l’utilisation actuelle qui en est faite. Il y a effectivement un problème avec l’interopérabilité des bornes en ce qui concerne les longs trajets mais c’est en voie de résolution et il suffit de 2 ou 3 cartes, là où il en fallait une dizaine, il y a quelques mois. Bref, la situation n’est pas idyllique, pourtant les véhicules électriques répondent déjà aujourd’hui aux besoins du plus grand nombre.

Léonard Aquino

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1 Comment

Thierry ZIEGLER

août 16, 2017at 3:39

Merci pour cet article qui dit vrai !
Seul l’usage du Véhicule Electrique alimenté avec des EnR améliore la qualité de l’air, le climat, les emplois et notre PIB.

2 notions essentielles pour le développement à grande échelle de la mobilité électrique.
◦Appliquer le cout réel et les marges honnêtes par les grands constructeurs de ces VE
◦Charger à son domicile et dans les copropriétés en mode non accéléré en facilitant la loi du droit à la prise demain le VE apporte service V2G

Ce n’est pas le nombre de bornes de charges qui fera rouler les VE mais le nombre de personnes qui trouveront un avantage financier à choisir cette solution tout électrique. Elle répond dès à présent à nos besoins quotidiens et même de partage….« Pour faire vraiment baisser le TCO d’un véhicule électrique, il faut qu’il roule au moins 12 000 à 15 000 km par an: cela fait diminuer le budget carburant ».
extrait de l’article http://acti-ve.org/les-bornes-de-charges-nameliorent-pas-la-qualite-de-lair/pollution/2016/08/

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